Nicolas Faret - Carlo Farina - Annibal Gantez - Charles 1er Stuart - Anne d'Autriche - Guy Patin -

 

 

Nicolas Faret (1600-1646)

Homme d'État et homme de lettres français

Académicien

 

Né à Bourg-en-Bresse, secrétaire, puis intendant du comte d’Harcourt, secrétaire de l’armée navale, de l’armée d’Italie, conseiller secrétaire du Roi. Il fut admis dans la Société des amis de Conrart où il fut introduit par Malleville. Il rédigea le projet de constitution de l’Académie qu’il présenta au cardinal, et prit part à la rédaction des statuts et devint un des premiers membres de l'Académie française. Il est le premier occupant du fauteuil numéro 9 de l'Académie française et participa à la fondation de cette institution en 1634.

Il a laissé des Poésies, dans divers recueils du temps, et quelques ouvrages en prose, notamment Des Vertus nécessaires à un prince en 1623, l’Honnête homme ou l’Art de plaire à la cour en 1630, et une traduction d’Eutropius et s’occupa d’histoire, on connaît aussi de lui une Ode à Richelieu et un sonnet. Il fut lié avec Vaugelas, Saint-Amant qu’il engagea le comte d’Harcourt à protéger. Il est mort en septembre 1646.

 

Carlo Farina (vers1600-1639)

Violoniste et compositeur italien

 

Il fut un des virtuoses de violon aux cours de Dresde et de Köln en 1620, et plus tard en Italie. Il fit beaucoup avancer la technique du violon. Ces nouveaux développements se retrouvent dans ses 5 volumes de sonates. Il composa notamment un Capriccio stravagante en1627 comprenant une partie intitulée Il gatto où les violons imitent le miaulement du chat.

 

Annibal Gantez (vers 1600 -vers 1668)

Compositeur français

 

Prêtre, il fut maître de chapelle en divers lieux, Aigues-Mortes, Aix, Arles, Aurillac, Auxerre, Avignon, Carpentras, Grenoble, Le Havre, Marseille, Paris, Rouen, et exerça également cette fonction au service de Charles IV, duc de Lorraine. Outre 2 messes, Laetamini et Vigilate en 1641, il a publié un Te Deum en 1661, un recueil d'Airs et chansons à boire et une série de lettres, intitulée l'Entretien des musiciens en 1643.

 

Charles 1er Stuart (1600-1649)

Roi d’Angleterre et d’Irlande de 1625 à 1649

Second fils et successeur de Jacques 1er Stuart, il monta sur les trônes d'Angleterre et d'Ecosse en 1625 dans un grand élan populaire. George Villiers de Buckingham est alors son favori. Celui-ci négocia le mariage de Charles avec Henriette de France fille d'Henri IV et de Marie de Médicis. Au cours de la première session du Parlement, en mai, beaucoup de membres du Parlement sont opposés à ce mariage, car Henriette de France étant catholique, ils craignent que Charles ne lève les restrictions sur les catholiques et ne remette en cause l'établissement du protestantisme. Bien qu'il ait déclaré au Parlement qu'il les maintiendrait. Le mariage à lieu le 13 juin 1625 à Cantorbéry. Charles est couronné le 2 février 1626 à l'abbaye de Westminster, mais sans sa femme à ses côtés, à cause de la polémique.

Mais ses tendances absolutistes et la confiance qu’il manifesta à Buckingham, responsable d’expéditions malheureuses contre l’Espagne et la France, expédition sur Cadix, puis au siège de La Rochelle en 1627-1628, lui aliénèrent le Parlement. Le Parlement aurait préféré une attaque navale sur les colonies espagnoles du Nouveau Monde, espérant que la capture de la flotte espagnole aurait fourni un butin pour financer la guerre. De plus, la Chambre des Communes limite son autorisation de prélever la collecte royale pour une période d'un an seulement, alors que depuis 1414 les souverains précédents avaient reçu ce droit à vie. Au lieu de congédier le duc de Buckingham, Charles, convaincu de détenir son pouvoir royal de droit divin, fait dissoudre le Parlement et court-circuite la voie parlementaire pour exiger de nouveaux impôts pour financer ces guerres. En 1628, les deux chambres du Parlement adressent une pétition des droits qui rappelle au roi ses manquements aux libertés anglaises, tout nouvel impôt doit être soumis au consentement du Parlement. Elles évoquent aussi la nécessité de respecter la Magna Carta de 1215 qui assure de nombreux droits. Charles 1er accepte de tenir compte de la pétition pour un temps seulement, puisque, l’année suivante, il lève une nouvelle taxe douanière sans l’accord des Parlementaires. Face à l'opposition, le roi décide de ne plus convoquer le Parlement et de régner en monarque absolu.

Après l'assassinat du ministre duc de Buckingham en 1628, il imposa un gouvernement personnel aidé de ses ministres, Laud et Strafford. En 1637, on chercha à imposer à l’Ecosse une nouvelle liturgie, fondé sur le Book of Common Prayer anglais, ce qui provoqua la révolte de la cathédrale à Edimbourg en 1637, Mais c’est la pression fiscale qui met le feu aux poudres, John Hampden, un ancien parlementaire, s’oppose à l’impôt du ship money. Il est traduit en justice et condamné à payer une amende.

Les presbytériens se soulèvent alors et rédigent le Covenant, acte par lequel ils s'engagent à défendre leur religion jusqu'à la mort en 1638.

Charles, qui a besoin d’argent, et surtout suite à la révolte en 1639 de l’Écosse calviniste, se voit forcé, pour obtenir des subsides de convoquez un nouveau parlement, mais l’assemblée redoubla de critiques contre la politique royale et fut renvoyé au bout de 3 semaines.

A ce Court Parlement, avril et mai 1640, succéda, en novembre 1640, le Long Parlement, qui siégea jusqu’en 1648. La chambre des communes, aux mains des opposants à l’absolutisme royal, est dirigée par John Pym. Strafford, son principal ministre, est arrêté et exécuté en 1641.

Se trouvant financièrement aux abois, il entra dans la voie des concessions, il accepta le Triennall Bill en février 1641, qui lui imposait de convoquer le Parlement au moins une fois tous les 3 ans. Ayant tenté de ressaisir le pouvoir par un coup d’Etat, il déclencha la guerre civile. Vaincu à Nasely le 14 juin 1645 par Cromwell, il se réfugia en Ecosse, mais fut livré en janvier 1647. Les vainqueurs se divisent et les niveleurs réclament l’abolition de la monarchie. Le 15 novembre 1647, il réussit à s’échapper, mais il est bientôt enlevé le 30 novembre 1648, traduit en justice devant un tribunal spécial composé de la soixantaine de députés siégeant encore aux Communes et condamné à mort pour trahison, meurtre et tyrannie.

 

Anne d'Autriche (1601-1666)

Reine de France

Fille aînée de Philippe III, roi d’Espagne et de Marguerite d’Autriche. Le 25 décembre 1615, alors âgée de 14 ans elle épousa Louis XIII. Ce mariage, longuement négocié, symbolisa le rapprochement de la France et de la maison d'Autriche, donc la fin de la politique étrangère d'Henri IV. Le mariage fut loin d’être heureux et à la différence de caractère entre les 2 époux s’ajouta pendant 22 ans sa stérilité. En outre, c’est peu de dire qu’incapable de comprendre la politique de Richelieu, elle a haï le ministre qui entendait faire de la France un véritable Etat et une grande puissance. Les nombreuses absences du roi laissent à Anne d’Autriche la latitude de croire qu’elle peut se mêler de politique. Mais elle va de faux pas en faux pas, parce qu’elle laisse supposer qu’elle n’a pas été insensible à la beauté et au charme de l’ambassadeur d’Angleterre qu’est le duc de Buckingham, parce qu’elle semble impliquée dans les conspirations que Gaston d’Orléans échafaude contre son frère le roi, parce qu’en opposition à Richelieu elle prend fait et cause pour le parti des dévots, parce qu’alors que la France est en guerre avec l’Espagne elle ne cesse de correspondre avec son frère, Philippe IV d’Espagne. En août 1637, au château de Chantilly, elle fut interrogée comme une criminelle, dut signer des veux et une promesse de bonne conduite à l’avenir.

Si surprenant que cela paraisse, elle se trouva enceinte quelques mois après. La naissance de Louis XIV le 5 septembre 1638, donnait enfin un dauphin et les troubles liés à l’absence d’héritier mâle s’éloignaient.

À la mort de Louis XIII, la reine obtient du Parlement de Paris la cassation du testament du roi et la régence du royaume pendant la minorité de Louis XIV. Elle conserve à ses côtés Mazarin, que Richelieu avait choisi pour successeur.

La nomination de Mazarin comme 1er ministre transformèrent la reine qui, par amour pour son fils, fit un revirement extraordinaire et donna son accord entier à la poursuite de la politique de Richelieu. Là fut le paradoxe de cette femme qui ne fut ni l’épouse secrète de Mazarin ni sa maîtresse, mais qui, incarnant le pouvoir royal, trouva l’énergie durant la Fronde de tenir tête aux révoltés, puis de poursuivre la guerre jusqu’à la paix des Pyrénées le 7 novembre 1659 par laquelle son fils Louis XIV épousait sa nièce Marie-Thérèse.

Après la mort de Mazarin en 1661 et la prise du pouvoir par Louis XIV, Anne d'Autriche continua à protéger l'Église et les dévots, elle appuya l’action de Saint Vincent de Paul, fit édifier le Val de Grâce et protégea les Arts et les Lettres.

Le 20 janvier 1666, à 65 ans, elle meurt au Louvre. Elle est inhumée à Saint-Denis. Son coeur est au Val de Grâce.

 

Guy Patin (1601-1672)

Médecin et homme de lettres

Né au hameau de La Place près d'Hodenc-en-Bray dans l’Oise. Son éducation fut commencée par son père, qui lui faisait lire, encore tout petit les Vies de Plutarque. Il étudia ensuite au collège de Beauvais, d’où il vint à Paris faire sa philosophie au collège de Boncourt. Brouillé avec sa famille par son refus d’entrer dans la carrière ecclésiastique, il se livra à l’étude de la médecine et, comme il était dépourvu de ressources, il se fit correcteur d’imprimerie.

En 1624, il prit le grade de docteur et, en 1651, succéda à son maître Riolan dans sa chaire au Collège de France, doyen de la Faculté de médecine de Paris de 1650 à 1652, professeur au Collège de France à partir de 1655.

Quoiqu’il ait fait, comme médecin, beaucoup de bruit par ses vives polémiques en faveur des anciens contre les partisans des découvertes modernes, on allait l’entendre surtout pour ses bons mots et ses traits satiriques. Des grands seigneurs, le recevant à dîner, plaçaient un louis d’or sous son assiette, pour reconnaître le plaisir que leur causait sa verve sarcastique. Elle se retrouve entière dans ses Lettres, qu’il ne destinait pas à la publicité, et qui font vivre son nom.

Il fut surtout un épistolier prolixe et parfois redoutable. Dans sa correspondance suivie avec les principaux savants de l’Europe, les nouvelles du jour, les détails curieux sur la littérature et les hommes illustres du temps, les bons mots abondent, avec des hardiesses de toutes sortes, une malveillance visible, beaucoup de passion, de la crudité et quelquefois de la grossièreté. Son style plaisant, léger et humoristique fait de lui un philosophe libertin. Ses lettres sont une ressource de choix pour les historiens de la médecine.

 

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