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Andries van Wesel dit André Vesale ou Vésale - Marie 1ère d'Écosse dit Marie Stuart -
Andries van Wesel dit André Vesale ou Vésale (1514-1564) Anatomiste et médecin Il fut considéré par de nombreux historiens des sciences comme le plus grand anatomiste de la Renaissance, voire le plus grand de l’histoire de la médecine. Ses travaux, outre qu’ils ont fait entrer l’anatomie dans la modernité, mettront fin aux dogmes du galénisme qui bloquaient l’évolution scientifique depuis plus de 1000 ans aussi bien en Europe que dans le monde islamique. Il est l’auteur d'un des livres les plus novateurs sur l’Anatomie humaine, “De humani corporis fabrica”. Il est aussi un grand humaniste de son époque. Il est né à Bruxelles, alors sous la dépendance du Saint Empire romain germanique, dans une famille de médecins. Sa maison située juste en face de la colline des exécutions, l’a amené à voir de nombreux cadavres et des squelettes nettoyés par les oiseaux durant son enfance. Ce fait a dû jouer un grand rôle dans sa vocation. Son grand-père, Everard van Wesel, fut le médecin particulier de Maximilien 1er, alors que son père, Andries van Wesel, a servi Maximilien comme apothicaire et fut, plus tard, le valet de chambre de son successeur Charles Quint. Andries encouragea son fils à poursuivre la tradition familiale, et l’inscrit chez les Frères de la vie commune à Bruxelles pour apprendre le grec et le latin selon la tradition de l'époque. En 1528, il s’inscrit à l'Université de Louvain d’abord pour apprendre les arts puis la médecine en 1530 et, quand son père fut nommé valet de chambre du roi en 1532, il décida de poursuivre ses études à l 'Université de Paris, ville où il s’installa en 1533. Il étudia les théories de Claude Galien sous la direction de Jean Fernel et du grand Jacques Dubois, un des médecins les plus réputés de l’époque, mais également fervent partisan du galénisme. De fait celuis-ci fut le plus farouche adversaire de Vésale lorsqu’il publia ses œuvres. C'est à cette époque qu'est né l’intérêt de Vésale pour l'anatomie, et on l’a souvent vu examiner des os au Cimetière des Innocents. La guerre entre la France et le Saint Empire l’obligea à s’exiler au bout de 3 ans. Après un court service dans l’armée impériale, il rentre à Louvain où il termine ses études sous la direction de Johannes Winter von Andernach et obtient son doctorat en 1537. Sa thèse, “Paraphrasis dans nonum librum Rhazae medici arabis clariss ad regem Almansorum de affectum singularum corporis partium curatione”, est un commentaire sur le neuvième livre de Rhazes. Il ne reste que peu de temps à Louvain avant de quitter la ville à cause d’un différend avec son professeur. Puis, après un bref séjour à Venise il se rend à l’Université de Padoue à Universitas aristarum, l’école de médecine la plus réputée d’Europe. Au bout de 2 jours d'examen, l’université lui offre un poste de lecteur en chirurgie, preuve de ses capacités. Il enseigne également la chirurgie et l’anatomie à l’Université de Bologne et à l’Université de Pise. Auparavant, ces matières étaient enseignées principalement par la lecture des textes classiques, de Galien surtout, suivie de dissections d’animaux par un chirurgien barbier dont le travail était dirigé par l'enseignant. Aucune expérience n’avait été réalisée pour actualiser les travaux de Galien, considérés comme des références irréfutables. Vésale, pour sa part, innova en utilisant la dissection comme principal outil d'enseignement, réalisant le travail lui-même, tandis que ses étudiants sont regroupés autour de la table. L'observation directe est devenue la seule source fiable de connaissance et cette révolution entraîne une rupture considérable avec la pratique médiévale. Il conserve pour ses étudiants des dessins méticuleux réalisés au cours de son travail sous forme de six grands tableaux anatomiques illustrés. Quand il constate que certains d'entre eux ont été largement copiés, il les publie tous en 1538 sous le titre de “Tabulae Anatomicae sex”. Il poursuit son travail en 1539 avec une version actualisée du manuel anatomique de Galien, Institutiones Anatomicae. Lorsqu’il arrive à Paris, un de ses anciens professeurs publie une attaque contre cette version. En 1538, il publie également une lettre sur le prélèvement sanguin, ou la saignée et obtient du juge Mercantonio les cadavres des condamnés, et va même jusqu'à retarder leur exécution de façon à ce que les corps soient frais lorsqu’il en aurait besoin pour les disséquer. Il réalise un grand nombre de schémas anatomiques détaillés. Dès lors, Vésale constate rapidement des erreurs dans les descriptions de Galien et comprend qu’elles s’appliquent au singe et non à l’homme. Il va entreprendre la rédaction d’un traité d'anatomie destiné à corriger les erreurs de l’Opera omnia de Galien. En 1540, il confirme son hypothèse en disséquant à Bologne le cadavre d'un singe et celui d’un homme et montre que l’appendice tel que le décrit Galien n’existe que chez le singe. Découragé par ces controverses, il continue pourtant à en susciter d’autres, cette fois non seulement sur les œuvres de Galien mais aussi sur celles de Mondino de Liuzzi et même d’Aristote. En 1543, après 4 ans de travaux incessants, il publie ses découvertes à Bâle chez Jean Oporin dans “De humani corporis fabrica”, couramment appelé la Fabrica et dédiée à Charles Quint. Cette œuvre monumentale sur l’anatomie humaine, 7 volumes de 700 pages, illustrée notamment par des dessins d’un élève du Titien, Jan Van Calcar, est imprimée et riche en détails, mais surtout novatrice, car elle dénonce au moins 200 erreurs de Galien. Bien que son travail n'ait pas été le premier à s'appuyer sur les constatations d'autopsie, ni même le premier ouvrage de cette époque, la valeur de sa production de planches très détaillées et complexes, et le fait que les artistes qui les ont réalisées avaient réellement assisté à la dissection en fait un instantané devenu classique. IL n'avait que 30 ans au moment où la première édition de la Fabrica fut publiée. Dans ce travail, il devient aussi la première personne à décrire le mécanisme de la respiration ouvrant la voie à la réanimation. Cette véritable bombe dans l'histoire de l'anatomie apparaît l’année même où Copernic publie son “De revolutionibus orbium coelestium” qui devait révolutionner l’astronomie en affirmant que la Terre n'occupait pas le centre de l'Univers. Suite à la parution de La Fabrica, les déchaînements des galénistes l’écœurent, il fait une dernière démonstration publique à Padoue en décembre 1543. Puis, dans un accès de colère ou de lassitude, il brûle tous ses documents scientifiques, ses livres et ses travaux. Il abandonne sa chaire de professeur. Peu de temps après la publication, on lui propose le poste honorifique de médecin impérial à la cour de Charles Quint. Il informe le Sénat de Venise qu'il quitte son poste à Padoue, ce qui incite Cosme 1er de Médicis, grand-duc de Toscane à l'inviter à venir développer l'université de Pise qui était alors en déclin. En 1544, il passe à Bologne, à Pise et il accepte de devenir le chirurgien de l’empereur Charles Quint puis de Philippe II d'Espagne. Dans ses fonctions à la cour, il doit affronter les moqueries des autres médecins qui le traitent avec le mépris dû à un barbier. Il se marie avec la fille d'un notable bruxellois et pour le reste de sa vie, il devint le médecin des grands, il suit les déplacements de la cour, soigne les blessures de guerres ou de tournois, réalise des interventions chirurgicales et des autopsies, et écrit des lettres personnelles pour résoudre des problèmes particuliers sur des questions d'ordre médical. Avec Ambroise Paré Il fut même appelé au chevet du roi de France Henri II, blessé à l’œil par une lance lors d’un tournoi et qui devait décéder quelques jours plus tard. En 1546, il publie ses recherches sur l'influence de la Racine de Chine contre la goutte dans un court texte intitulé “Radicis Chynae”. Il recommande l'usage de cette plante, avec autant de vigueur ainsi qu’il défendait auparavant ses découvertes en anatomie. Cela suscite une nouvelle série d'attaques contre son œuvre, qui fait alors l’objet d’une demande de condamnation auprès de l'empereur. En 1551, Charles V saisit une commission à Salamanque pour enquêter sur les implications religieuses de ses méthodes. Le travail de Vésale est autorisé par le conseil, mais les attaques se poursuivent. Après l'abdication de Charles, il reste à la cour auprès de son fils Philippe II qui le tient en grande estime et le récompense par une pension à vie et fait de lui un comte palatin. En 1555, il publia une édition révisée de De Corporis. En 1564 il se rend en pèlerinage en Terre Sainte. Il navigue avec la flotte vénitienne sous les ordres de James Malatesta par la route de Chypre. A son arrivée à Jérusalem, il reçoit un message du Sénat de Venise lui demandant à nouveau d'accepter le poste de professeur à Padoue, qui était devenu vacant à la suite de la mort de son ami et élève Gabriele Falloppio. Lors du voyage de retour, après avoir lutté des jours durant contre un vent défavorable en Mer Ionienne, son bateau fait naufrage et Vésale finit par mourir d'épuisement sur les côtes de l’Île de Zante * le 15 octobre 1564 où il fut rejeté par les matelots.
Marie 1ère d'Écosse dit Marie Stuart (1542-1587) Reine d’Ecosse de 1542 à 1567 Reine de France de 1559 à 1560. Fille de Jacques V d’Ecosse et de Marie de Lorraine, arrière petite fille d’Henri VII d’Angleterre, elle avait des droits sur la couronne d’Angleterre. Par sa mère, elle était la nièce des Guises. Jacques V étant mort alors qu’elle n’avait qu’une semaine. James Hamilton, comte d'Arran, le plus proche héritier de la couronne, devint Régent d'Écosse, tandis que la garde de l'enfant revenait à sa mère. Dans le même temps, Henri VIII envisageait une nouvelle approche destinée à unir les couronnes d'Écosse et d'Angleterre. Plutôt que de prendre l'Écosse par les armes comme du temps du roi Jacques V, il entendait unir son fils Édouard à Marie Stuart. Pour mener à bien ce projet, il disposait d'un avantage conféré par sa victoire à la bataille de Solway Moss, de nombreux nobles écossais étant restés prisonniers d'Henri, ces derniers furent contraints à demander publiquement à ce que Marie soit confiée à Henri et la principale forteresse transférée sous sa garde. Le 1er juillet 1543 fut signé le Traité de Greenwich qui promettait Marie à Édouard, Ce traité satisfaisait l'essentiel des demandes des Écossais, au premier plan desquelles figurait le fait que Marie resterait en Écosse jusqu'à son 10ème anniversaire et son pays conserverait ses lois propres. En 1548, sa mère la fiança au dauphin de France, le futur François II, et l’envoya vivre à la cour de Henri II. Elle embarqua à Dumbarton en août 1548 à bord de la flotte envoyée par Henri II de France sous le commandement de Nicolas Durand de Villegagnon. Naviguant le long des côtes d'Irlande pour éviter la flotte anglaise, elle accosta en France à Roscoff puis à Morlaix. Elle rencontra ensuite sa grand-mère maternelle, Antoinette de Bourbon-Vendôme, sur ses terres de Joinville, puis arriva à Carrières-sur-Seine le 16 octobre. Elle l’épousa le 24 avril 1558, à Paris. Elle fut éduquée à la cour de France, où elle partageait sa chambre avec Élisabeth, fille du roi Henri II. Elle fut instruite dans les matières importantes pour les divertissements en vogue à la cour de France, tels que la fauconnerie et l'équitation, où elle apprend à monter à la mode française plutôt qu'en amazone à la mode anglaise. Elle fut également versée dans la broderie, enseignée par le brodeur personnel du roi, et la musique, pour laquelle l'écrivain Pierre de Bourdeille, dit Brantôme, rapporta qu'elle chantait en s'accompagnant du luth. Elle compta parmi ses tuteurs mademoiselle de Curel, Claude Millot et Antoine Fouquelin. Ce dernier lui enseigna la rhétorique, tandis que Pierre de Ronsard la formait à la poésie. Lorsque Marie Tudor mourut le 17 novembre 1558, Marie Stuart venait d'être faite reine de France et devint aussi à ses yeux reine d'Angleterre. Par ordre de son beau-père Henri II, elle fut proclamée à Paris reine d'Angleterre, d'Irlande et d'Écosse ; elle prit, avec son mari, les armes d'Angleterre. Cette proclamation se situe dans la rivalité entre la France et l'Espagne, pour qui l'Angleterre et l'Écosse n'étaient alors que deux pions de leurs vues impériales. Le pape, bien que poussé par les agents français, refusa de prendre parti pour Marie car il ne désirait pas offenser Philippe II d'Espagne, déterminé à ne pas laisser l'Angleterre tomber sous le contrôle de la France. Elle devint reine de France en 1559, Après le mariage, Marie et son époux habitèrent aux appartements royaux de Saint-Germain. Comme de coutume, Marie demanda à Diane de Poitiers un inventaire des bijoux que cette dernière avait reçu de Henri II et les récupéra. Mais François II mourut dès l’année suivante. Devenue veuve, Marie céda la couronne au jeune Charles IX, dont la mère, Catherine de Médicis prit le pouvoir en tant que régente et demanda l'inventaire des bijoux. Marie se retira ensuite pour mener le deuil, en suivant la tradition de rester dans une chambre noire pour 40 jours. Elle choisit pour cela l’abbaye de Saint Pierre les Dames dont sa tante, Renée de Lorraine était abbesse. C'est aussi dans cette région, qu'elle reçut en douaire la ville et seigneurie d’Épernay. Elle dut rentrer en Ecosse le 14 août 1561, et trouva son royaume agité par la Réforme. Malgré son éducation, elle n'était pas préparée aux intrigues de la cour d'Écosse de cette époque. La religion divisait le peuple et le frère illégitime de Marie, Jacques Stuart, comte de Moray était le meneur de la faction protestante. Marie, en catholique fervente, était vue avec soupçon par une grande partie de ses sujets. Son goût pour la danse et les robes sophistiquées étaient dénoncés par des réformateurs protestants comme John Knox. Elle essaya de manœuvrer entre les factions, mais commit l’erreur d’épouser le 29 juillet 1565, à Édimbourg, Henri Stuart dit lord Darnley, grand seigneur catholique et personnage médiocre dont elle eut un fils. En juin 1566, Marie commença une liaison avec Jacques Hepburn, 4ème comte de Bothwell, un aventurier qui devint son 3ème époux. Un complot fut mis en place pour éliminer Darnley. En février 1567, alors qu'il était en convalescence dans une maison d'Édimbourg, une explosion survint dans la maison et Darnley fut retrouvé mort dans le jardin, apparemment étranglé. Après la mort de son mari, elle épousa rapidement le 14 mai 1567, James Hepburn, comte de Bothwell soupçonné de l’assassinat de son mari. Ce fut un prétexte à un soulèvement de la noblesse protestante. Arrêtée par une confédération de nobles écossais, Marie fut emprisonnée au château de Loch Leven, situé sur une île au milieu du loch, en juin 1567. Le 24 juillet, elle abdiqua le trône d’Écosse en faveur de son fils Jacques, alors âgé d'un an. Le 2 mai 1568, Marie Stuart s'évada et leva une petite armée. 3 jours après sa défaite à la bataille de Langside le 13 mai, elle s'enfuit en Angleterre, où elle fut emprisonnée par les officiers d'Élisabeth à Carlisle le 19 mai. Après quelques hésitations sur l'accusation du meurtre de Darnley, Élisabeth ordonna une enquête plutôt qu'un procès. Marie fut détenue à York d'octobre 1568 à janvier 1569. Elisabeth était sans héritier, et Marie Stuart avait des droits incontestables sur la couronne d’Angleterre. En outre, princesse catholique, elle portait les espoirs de l’importante minorité papiste. Aussi plusieurs conspirations eurent-elles pour but de la placer sur le trône d’Angleterre. Comme Élisabeth considérait les demandes de Marie au trône comme un complot, elle l'assigna à résidence pendant dix-huit ans sous la garde de Georges Talbot, 6ème comte de Shrewsbury et son épouse Bess of Hardwick, dont la fille épousa le frère du 2ème époux de Marie, Arbella Stuart. Finalement, Elisabeth la fit condamner à mort et décapiter au château Fotheringhay le 8 février 1587. A la mort d’Elisabeth, son fils, Jacques VI d’Ecosse, devint roi d’Angleterre sous le nom de Jacques 1er. Marie Stuart, victime des passions religieuses qui divisèrent l’Écosse, souhaita être inhumée à Reims, à côté de sa mère, de son oncle le cardinal, de sa tante l’abbesse. Elle fut toutefois initialement enterrée à la cathédrale de Peterborough, son corps fut exhumé en 1612 lorsque son fils Jacques VI d'Écosse ordonna qu'il fût placé à l'Abbaye de Westminster où il repose depuis, à dix mètres du tombeau de sa cousine Élisabeth. Marie Stuart est l'ancêtre de tous les rois qui succédèrent à Élisabeth.
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