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Jean Antoine de Baïf - Roland de Lassus - Michel Eyquem de Montaigne - Alonso de Ercilla y Zúñiga -
Jean Antoine de Baïf (1532-1589) Poète
Né à Venise, en 1532, il est le fils naturel de l'humaniste Lazare de Baïf installé dans une belle demeure rue des Fossés Saint-Victor (l'actuelle rue du Cardinal Lemoine) en 1534, à son retour d'Italie, avec sa femme vénitienne. Il fut confié dès le berceau à Ange Vergèce et à Charles Estienne. Puis à 8 ans à Jacques Toussaint, professeur de grec au Collège royal, avant de recevoir l’enseignement de l'éminent helléniste Jean Dorat, qui devint son précepteur en même temps que celui de Pierre de Ronsard dans la demeure des Baïf. À la mort de son père en 1547, il suit Dorat au Collège de Coqueret, dont il est devenu le principal, et, où le rejoignent Ronsard puis Joachim Du Bellay. Liés par des intérêts poétiques et théoriques communs, les trois condisciples forment la Brigade, société littéraire qui allait devenir la Pléiade. Nourris de culture antique, ils étaient soucieux de faire de la langue française un instrument qui permettrait d'égaler un jour les anciens, et de rénover la littérature, en jouant du pouvoir des mots, pour l'illustration de la France. Jean Antoine de Baïf découvre la poésie très jeune et publie, dès 1552, un premier recueil de vers, nettement influencé par Pétrarque “les Amours de Méline”, qui est suivi en 1555 par “les Amours de Francine”, ouvrage plus personnel mais qui ne connut pas davantage de succès que le précédent. Il vit un temps de bénéfices ecclésiastiques, puis cherche à gagner l'appui des princes. Clerc tonsuré, protégé de Charles IX, il suscite en 1570, avec le concours du musicien Thibault de Courville, une académie de poésie et de musique par laquelle il tente de promouvoir la “poésie mesurée à l'antique”, son objectif étant de soumettre les deux formes d'art aux mêmes lois mélodiques. De nombreux compositeurs collaborent avec lui, et ses amis de la Pléiade, notamment Pontus de Tyard, participent à son entreprise, qui, cependant, échoue. Il aspire à renouveler la rythmique traditionnelle, grâce à un apport musical dû à la métrique gréco-latine, ainsi qu’à réformer et jouer avec l’orthographe en s’appuyant sur la phonétique, comme en témoigne, en 1574, son texte intitulé “Étrénes de poézie fransoêze an vers mesurés”, où interviennent maints thèmes populaires. C'est en chantant les noces de François II et Marie Stuart qu'il obtient une pension qui fut reconduite par Charles VIII et Louis XII. Il devient ainsi un des poètes attitrés des Valois. En 1572, l'édition d'un nouveau recueil, “les Euvres en rime”, présentant une sorte de synthèse de l’oeuvre antérieure de Baïf, révèle un auteur d'inspiration très variée, amateur de formes peu traditionnelles, qui dérouta ses contemporains par son esprit novateur et par sa langue parfois difficile d'accès. Outre des poèmes divers, on y trouve aussi des Amours non moins diverses, de Francine, de Méline et d’autres, des Jeux, parmi lesquels une traduction de “l’Antigone de Sophocle” en alexandrins, “L’Eunuque de Térence, le Brave”, d'après Plaute, comédie humaniste qui lui valut un vif succès lors de sa représentation devant la cour en 1567, enfin des “Passetems”, l'ensemble ne totalisant pas moins de 7500 vers de poésie gnomique*. Il est aussi poète sensible au spirituel, ainsi qu’en témoignent les “Prières” en 1587 tirées du Livre de Job et ses Psautiers qu’il travailla à traduire en latin et en français durant vingt ans de 1567 à 1587. En 1576, sous l’influence du courant gnomique, il publie “Mimes, enseignements et proverbes”, ouvrage qui connut des rééditions augmentées de textes inédits. Il meurt à Paris en 1589, 4 ans après Ronsard.
Roland de Lassus (1532-1594) Né à Mons, il devint enfant de chœur à Saint-Nicolas-de-Havré. En raison de ses aptitudes vocales, surnommé l’ " Orphée belge " ou le " Prince de la musique " par les musiciens de son époque, il entre vers l’âge de 12 ans au service de Ferdinand Gonzague, vice-roi de Sicile et général de Charles-Quint. Il parcourt la France, et rencontre ainsi à Fontainebleau les musiciens de la chapelle de France, Claudin de Sermisy et Pierre Certon. Puis part pour la Sicile et l'Italie. On le retrouve ensuite à Naples vers 1549-1550, au service de Constantino Castrioto, chevalier de l'ordre de Malte grand amateur de musique. Il réside chez le marquis della Terza, humaniste distingué et poète à ses heures; auprès de lui, il s'imprègne de culture italienne. Il se rend ensuite à Rome où, en 1553, il devient maître de chapelle à Saint-Jean de Latran. C'est également à Rome qu'il rencontre Palestrina qui exerçait alors à la chapelle Giulia. Ces voyages lui permettent de diversifier sa formation et, notamment, d'étudier à fond l'art italien. Après son retour en Flandre, où il apprend le décès de ses parents, il passe les années 1555-1556 à Anvers, participant intensément à la vie musicale de la ville et publiant ses premiers recueils de madrigaux et de motets. C'est d'Anvers, en 1556, qu’il est appelé à Munich où il se voit offrir un poste très convoité de ténor à la chapelle de la cour du duc Albert V de Bavière. En 1558, il épouse Regina Wäckinger, fille d'une dame de la cour bavaroise, et écrit à Munich les célèbres " Septem Psalmi poenitentiales ". Il prend la direction de la chapelle ducale en 1560 et la garde jusqu'à sa mort. Quelques voyages en Italie pour recruter des chanteurs, ainsi qu'un voyage à Paris viennent seuls interrompre ce long séjour bavarois. En 1563 il est nommé maître de chapelle de la cour à Munich. Bien qu'il occupe ce poste jusqu'à sa mort, il n'en continuera pas moins à voyager, entretenant des relations avec plusieurs cours européennes. Sa renommée est alors croissante et ne fera que s’accentuer avec son élévation à la noblesse grâce à l’empereur Maximilien en 1570 et en 1574, le pape Grégoire XIII le nomme chevalier de l'Éperon d'Or. L'aide matérielle qu'il en retire lui permet de s'éloigner de la vie de cour à partir de 1580, pour se consacrer à son oeuvre religieuse. Reflet de son expérience et de ses voyages, l'oeuvre de Lassus est aussi diverse que prolifique. Il s'est exprimé abondamment dans tous les genres motets, messes, magnificat, madrigaux, chansons françaises, Lieder, hymnes, psaumes, passions. Le “mirabile Orlando”, “Prince des musiciens de notre temps” est joué à travers toute l'Europe. Parmi les oeuvres profanes, les Madrigaux à 5 voix dominent en nombre et en importance. Contrairement à ses prédécesseurs, il laisse le texte déterminer la forme musicale, conférant ainsi une vérité et une fermeté à un genre d'expression jusque-là plus maniériste. Avec lui, la Chanson française, pittoresque, burlesque, grivoise ou Élégiaque*, apparaît comme la synthèse des différentes illustrations du genre vers le milieu du 16ème siècle, après Janequin. Profondément croyant, Lassus fut très marqué par la Contre-réforme à laquelle il avait ardemment adhéré. Il composera 53 messes et 37 magnificat, mais ce sont les motets qui constituent la part la plus admirable et la plus significative de son oeuvre. En 1590, victime d’une attaque, il subit une grave dégradation morale et physique. Mais il se remet courageusement à la composition. Il est l’auteur de 2000 pièces aux styles les plus divers : 520 motets, 185 madrigaux, 141 chansons françaises, 86 pièces sur des textes allemands, 29 villanelles, 50 messes, 101 magnificat, 32 hymnes, 13 litanies et 4 passions. Compositeur prolifique et inspiré aussi bien dans la musique sacrée que profane, il est considéré comme l’un des auteurs les plus éclectiques de son temps. Avec son contemporain Philippe de Monte, il est le maître de l’art musical flamand de la fin du 16ème siècle. Il a une importance considérable dans l’histoire de la musique car il symbolise le point culminant de la brillante époque de la polyphonie franco flamande. Il est considéré comme le plus illustre polyphoniste du 16ème siècle et l'un des plus grands musiciens de tous les temps. Il est enseveli au cimetière franciscain de Munich.
Michel Eyquem de Montaigne
(1533-1592) Écrivain et moraliste français
Il naquit en 1533 à Montaigne, fils de Pierre Eyquem de Montaigne et de
Antoinette de Louppes. Son père, humaniste, ouvert aux idées nouvelles a
pour ambition d'élever son âme en toute douceur et liberté. Il entoure
l'éducation de son fils d'une grande bonté. Le jeune Montaigne est élevé
par un précepteur qui lui enseigne le latin dès le plus jeune âge. Après
des études de droit, il devient magistrat. En 1554, il est nommé
conseiller à la cour des aides de Périgueux. Puis est nommé Conseiller au
Parlement de Bordeaux de 1557 à 1570 ou il y rencontre Étienne de La
Boétie qui sera son ami jusqu'à la mort de celui-ci en 1763 à l'âge de 33
ans. Montaigne chantera ses louanges dans un chapitre du livre premier des
Essais intitulé "De l'Amitié". En 1561 et 1562, il fait des voyages
à la cour, envoyé par le parlement de Bordeaux, en raison des troubles
religieux. Il épouse en 1565, à 32 ans, Françoise de la Chassaigne. En 1568, il hérite, à la mort de
son père, des terres et du titre de Montaigne. Respectant son souhait, il
publie une traduction de“ la Théologie naturelle” de Raymond
Sebond, théologien espagnol. En 1571, à l’âge de 38 ans, il prend la
décision de se retirer et de renoncer à ses charges publiques dans la
"librairie" de son château pour y lire et écrire. Il n'échappera pas
complètement aux troubles de l'Histoire de France mais saura faire preuve
à la fois de beaucoup de tolérance et de diplomatie. Pendant la guerre
civile qui éclate après la Saint-Barthélemy, il est messager entre les
armées catholiques du duc de Montpensier et le parlement de Bordeaux. En
1574, deux ans après la St Barthélemy, Montaigne fait devant le Parlement
de Bordeaux un discours remarqué. En 1576, il commence L’Apologie de
Raymond de Sebonde. Décoré par le Roi Henri III en
1571 de l'ordre de Saint-michel et nommé Gentilhomme ordinaire de la
Chambre du Roi, honoré aussi par Henri de Bourbon, roi de Navarre et futur
Henri IV, en 1577 du titre de Gentilhomme de sa Chambre. En dépit des
rhumatismes, de la goutte et de la pierre qui commencent de le diminuer,
après avoir publié ses Essais en 2 tomes à Bordeaux en 1580, il part pour
un long voyage qui le mène jusqu’à Rome par Paris, Bâle, Munich, Innsbruck
et Venise. A Rome, il est reçu par le pape Grégoire XIII, et fait citoyen
romain. C’est à Lucques qu’il apprend qu’il a été élu maire de Bordeaux,
pour 2 ans. Il rentre, au plus vite, dans la ville qui vient de l’élire.
En 1582 paraît une deuxième édition des Essais. A deux reprises, Henri de
Navarre, héritier du trône de France, vient au château de Montaigne. Réélu
maire de Bordeaux, qu’il défend contre les ligueurs, il tente de concilier
la position du roi de Navarre et celle du gouverneur de Guyenne, au nom du
roi de France qu’est le maréchal de Matignon. Il sera embastillé à Paris
en 1588 sur ordre indirect d'Henri de Guise, et libéré le même jour sur
celui de la Reine mère Catherine de Médicis. Montaigne est l'homme d'un seul
livre, les essais. Son livre se confond avec l'auteur. Il dit d'ailleurs "
qui touche l'un, touche l'autre". De 1571, jusqu'à sa mort en 1592,
il ne cessera de le retravailler, de le corriger, de l'enrichir. Montaigne
mourut à Montaigne le 13 septembre 1592, à 59 ans et demi. Son coeur fut
mis en l'Église St Michel et son corps enterré à L'Église des Feuillants à
Bordeaux.
Alonso de Ercilla y Zúñiga
(1533- ?) Soldat espagnol et poète Il est né à Madrid. Après la mort
de son père, sa mère est devenue dame- entendante de l'Infante María et et
fit de lui un page du prince Philippe. Il reçu une éducation très
complète. Quand il avait seulement 15 ans il accompagna Philipe pour
l'Italie et l'Allemagne et leurs voyages durèrent 3 ans. Plus tard, il
accompagna sa mère en Bohême puis visita l'Autriche, la Hongrie, et
d'autres pays. À Londres il fit la connaissance de Jerónimo de Alderete en
1555, dont les histoires de ses aventures dans le nouveau monde ont ravies
d'Ercilla qu'il détermina à l’accompagner au nouveau monde. Ils
s’embarquèrent pour l'Amérique le 15 octobre 1555. Peu après leur arrivée,
Alderete décède près de Panama en avril 1556. Ercilla continua jusqu’au
Pérou, et en 1557 il rejoint la troupe de García Hurtado de Mendoza, qui
avait été récemment nommées gouverneur du Chili. Pendant 2 ou 3 ans il
joua un rôle brillant en combattant une insurrection indigènes d'Arauco,
une province du Chili et se distingua plusieurs fois dans la bataille.
Après une maladie grave il retourne en Espagne en 1562, et repris ses
voyages à travers l'Europe. En 1570, il épousa Doña María de Bazán, une
femme de famille illustre. Il est mort à Madrid dans une grande pauvreté.
Le grand travail d'Ercilla est
“La Araucana”, une poésie de 37 contes, décrivant les difficultés
rencontrées par les Espagnols pendant l'insurrection à Arauco, et les
combats héroïques des indigènes aussi bien que de ses compagnons.
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