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Naissance du calendrier actuel
Au 15ème siècle, après la réunification de la papauté, les papes ont commencé à considérer la nécessité d’une réforme de calendrier. Après plusieurs faux débats, une commission sous la conduite du Jésuite Christophe Clavius mathématicien et astronome est arrivé à une proposition. Né en 1502 près de Loudun sous le nom de Hugues Bonnecompagne, monté sur le trône de Saint Pierre à 70 ans, le pape Grégoire XIII se rallie à l'avis des savants réunis en commission, notamment le médecin romain Aloisius Lilius, le jésuite Christophe Calvius de Bamberg, le théologien Vincenzo Laureo et le juriste Séraphin Olivier. Il décide le 24 février 1582 de supprimer désormais trois années bissextiles sur cent afin de mettre le calendrier en concordance avec l'année solaire par une opération dite métemptose ou équation solaire. C'est ainsi qu'il attribue 365 jours, et non 366, à trois sur quatre des années qui inaugurent les siècles. De la sorte, les années 1700, 1800 et 1900 ont été privées du 29 février mais l'année 2000 l'a conservé. Cette modeste réforme ramène à 25,9 secondes l'écart avec l'année solaire. Par ailleurs, le pape décide de rattraper les 10 jours de retard depuis la réforme de Jules César. Le rattrapage se produit dans la nuit du 4 au 15 octobre de la même année. Seuls les États acquis à la Contre-réforme catholique adoptent le calendrier du pape. Ce sont les états pontificaux, l'Espagne et le Portugal. La France y vient deux mois plus tard, dans la nuit du 9 au 20 décembre 1582, l'Allemagne du sud et l'Autriche en 1584, la Prusse en 1610, l'Allemagne du nord en 1700, la Grande-Bretagne en 1752, le Japon en 1911, la Russie en 1918 et la Grèce en 1923. La construction d'un calendrier qui incorpore les mouvements du soleil et de la lune n’a pas été une affaire simple. Diverses solutions ont été essayées. Le calendrier égyptien était peut-être la solution la plus simple. En effet, l'année était composée de douze mois de 30 jours chacun, et 5 jours étaient ajoutés à l'extrémité pour corrigé une erreur d'environ 1/4 jour par an. La date commençante de l'année suivante étant progressivement dérivé en avant en ce qui concerne les saisons et ceci jusqu’en 1460. La plupart des cultures dans le proche Orient antique étaient fondées sur un calendrier dans lequel les mois avaient des durées alternatives de 29 et 30 jours à laquelle était ajouté un mois chaque troisième année. En Israël antique un mois supplémentaire de 29 jours était ajouté chaque troisième année après le sixième mois “Adar”. Mais ces 29 jours ne compensaient pas entièrement le déficit. Donc en quelques années 2 mois supplémentaires ont dû être ajoutés. Dans les villes de Grèce des mois ont été ajoutés suivant la nécessité. Mais aucun des systèmes ce sont conformés à l'intercalation et celle-ci n'a jamais été développé. Le système le plus sophistiqué pour maintenir les mouvements du soleil et de la lune dans un calendrier simple a été développé en Mésopotamie. Celui-ci comprenait 19 années solaires soit 6939 3/4 de jours. Pour arriver à 6940 jours en 19 ans, 110 mois de 29 jours et 125 mois de 30 jours ont été mis en place à compter de 499 avant JC. Le calendrier julien a été naturellement adopté par le successeur de l'empire romain, et dans l'Europe chrétienne. C’est vers 700 qu’il est devenu usuel de compter les années du point de départ de la naissance du Christ. En développant leur propre calendrier au 4ème siècle, les chrétiens ont mis Pâques le premier dimanche après la première pleine lune suivant l'équinoxe de printemps. La plupart des autres observances chrétiennes sont en arrière ou vers l'avant à compté de la date de Pâques.
Une œuvre qui va transformer le monde
Le 24 mai 1543, un chanoine inconnu de 70 ans rend l'âme à Frauenburg (aujourd'hui Frombork), une petite ville des bords de la Vistule. Son œuvre va transformer le monde. Nicolas Copernic est né en Pologne, sous la dynastie des Jagellon, quand ce pays était à son apogée et rivalisait avec les États d'Europe occidentale. Après des études dans la prestigieuse université de Cracovie, il devient chanoine à Frauenburg, ce qui ne l'empêche pas de parcourir l'Europe. En véritable érudit de la Renaissance, Copernic se montre ouvert à tous les domaines de la connaissance. Il est à la fois théologien, médecin, mathématicien, économiste et bien sûr astronome. Il a étudié cette science à Bologne, en Italie. Il rédige un traité notable sur la monnaie et intervient dans les affaires politiques de son temps, notamment dans la lutte contre les Chevaliers teutoniques. C'est à la demande du pape, désireux de réformer le calendrier, qu'il se lance dans l'étude des planètes et du soleil. Copernic s'interroge sur la cosmologie de Claude Ptolémée, un géographe grec qui a vécu au 2ème siècle de notre ère. “L'Almageste”, son traité fondamental, écrit vers 141, passait jusqu'à la Renaissance pour la vérité établie. Il situait la Terre au centre de l'univers, le Soleil et les planètes décrivant de façon complexe différents cercles autour d'elle. Le savant polonais découvre des incohérences dans cette conception et en conclut que le Soleil, et non la Terre, est au centre du système. C'est se mettre en contradiction avec la doctrine traditionnelle de l'Église qui situe l'Homme, et donc la Terre, au centre de l'univers. Craignant à juste titre les foudres de Rome et de Wittenberg, centre du luthérianisme, alors en plein essor, Copernic attend l'approche de sa mort pour publier le fruit de ses travaux dans un traité écrit en latin, la langue internationale de la Renaissance, “De revolutionibus orbium coelestium libri sex”. Il n'oublie pas une belle dédicace au pape Paul III pour revendiquer le droit à la liberté d'expression. Quoique très imparfait sur le plan scientifique et dans sa conception d'un univers héliocentrique, organisé autour du Soleil, son traité s'impose très vite par son évidence. Nicolas Copernic libère les savants de leurs préjugés théologiques... A l'inverse, il conduit les théologiens à se méfier d'une interprétation trop littérale des textes sacrés. La recherche scientifique s'émancipe de la théologie, l'une et l'autre se déployant désormais dans des champs distincts.
Les bâtards des rois de France au 16ème siècle
Sous l'Ancien Régime, le sort des bâtards nés dans le peuple n'était guère enviable mais il s'améliorait à mesure que s'élevait la classe sociale de leurs pères. En effet, en bien des châteaux, les enfants naturels étaient élevés avec les légitimes. Dans l'immense lignée de Capétiens, le bâtard, s'il était reconnu, bénéficiait partiellement du prestige et même du caractère sacré, quasi magique "Sang de France". Il était d'ailleurs soumis à la hiérarchie dynastique. C'est ainsi qu'il y eut entre autres un "Grand" Bâtard de Bourgogne, un "Grand"Bâtard de Bourbon. Ce titre dû à l'aînesse ne donnait naturellement aucun droit à la succession royale ou ducale. Mais le plus illustre des bâtards fut celui que la postérité devait connaître sous le nom duc comte de Dunois bien qu'il ait reçu ce titre seulement à 36 ans. De sa chère Agnès Sorel, le roi Charles VII eut trois filles. L'une d'entre elles, Charlotte de France, épousa le comte de Brézé, qui la tua après l'avoir surprise en flagrant délit d'adultère, d'où un scandale retentissant. Le fils aîné de Charlotte, Louis de Brézé, épousa Diane de Poitiers, de 40 ans sa cadette. Par une des filles de ce couple étrange, la duchesse d'Aumale marié à un Guise, Charlotte devait être l'ancêtre direct de Louis XV et des derniers Bourbon régnants. Ensuite, pendant une longue période, il n'y eut aucun bâtard royal reconnu, même issu de François 1er malgré ses nombreuses amours. Tout changea avec Henri II. Lorsque ce dernier avait seulement 14 ans et s'appelait le duc d'Orléans, il fut marié à une petite italienne du même âge, Catherine de Médicis. Cette union resta stérile pendant plusieurs années, grave sujet d'inquiétude car entre temps, le jeune prince était devenu l'héritier du trône. On se demandait lequel des deux époux ne pouvait avoir d'enfant. Henri dissipa les doutes. Pendant la campagne en Italie, il violenta une jeune Piémontaise de grande beauté, Filippa Duc. Une fille naquit qu'on se hâta d'enlever tandis que sa mère se perdait au fond d'un couvent. On la baptisa Diane et, lorsque la chose devint publique, on se demanda longuement s'il ne s'agissait pas d'une fille de Diane de Poitiers, déjà toute puissante sur le cœur et l'esprit d'Henri. Bien différent fut son demi-frère, le Bâtard d'Angoulême qu'Henri II avait eu en 1550 d'une belle Ecossaise, Lady Flemming, à la grande fureur de Diane de Poitiers. C'était un tueur qui participa férocement aux guerres de Religion et compta parmi les assassins de Coligny. De Nicole de Savigny, Henri II eut encore un fils qu'il titra Baron de Valois Saint-Rémy et qui fut sans histoire. En 1573, la reine Elisabeth d'Autriche, épouse de Charles IX, et Marie Touchet, sa maîtresse, eurent chacune un enfant : la reine une fille, la favorite un fils. "Tant mieux pour le royaume !" dit Charles IX. Il avait raison. Ce Charles de Valois fut un seigneur redoutable. Avare, il ne voulait pas payer ses domestiques et les envoyait détrousser les passant sur le pont-Neuf. Sa tante, Marguerite, femme d'Henri IV, se prit de querelle avec lui et la chose faillit se terminer fort mal car Charles tenta de la faire enlever, voire de l'assassiner. Plus tard, il conspira contre Henri IV devenu le maître du royaume. Son dessein ayant échoué, ce fut encore la Reine Margot, maintenant divorcée du Vert Galant et réconciliée avec lui, qui permit de faire capturer le coupable et Charles sauva sa tête de justesse. Sous Louis XIII, il fut titré duc d'Angoulême. Il accomplit une importante ambassade en Allemagne pendant la guerre de Trente Ans et reçut le commandement de l'armée qui assiégea La Rochelle. Sa postérité s'éteignit pendant le règne de Louis XIV. On ne sait combien d'enfants naquirent de toutes les conquêtes faites par le Vert Galant pendant sa tumultueuse jeunesse. En 1592, tandis qu'il luttait pour conquérir son royaume, il souffrit d'un mal vénérien à la suite duquel le médecin d'Aliboust lui annonça qu'il ne pourrait plus procréer. C'était une catastrophe nationale, d'autant que le fils posthume de son cousin, le prince de Condé, qui aurait dû être son héritier, avait la solide réputation d'être un bâtard. Aussi quelle joie, à l'automne 1593, quand Gabrielle d'Estrées, maîtresse en titre du Vert Galant, se retrouva enceinte! Le médecin persista imprudemment dans son diagnostique. Il mourut peu après, empoissonné, dit-on par un des familiers de la favorite. Celle-ci avait un amant de cœur, le beau Belle-Garde, et l'opinion presque unanime lui attribua la paternité de l'enfant. Le roi qui devait avoir ses raisons n'en fut pas moins persuadé du contraire. Il le considéra immédiatement comme son fils et qu'il nomma César à l'issu d'un baptême princier. Or un mariage blanc unissait Gabrielle au sieur de Liancourt dont César aurait dû porter le nom. Qu'à cela ne tînt ! En janvier 1595, l'official d'Amiens prononça la nullité de ce lien. Henri qui s'était entre temps rendu maître de Paris arracha au Parlement la légitimation de César, métamorphosé du coup en Bourbon. Peu après, Gabrielle lui donna une fille, Catherine Henriette, à laquelle la sœur humiliée du monarque fut contrainte de servir de marraine. En 1598, Henri IV n'avait plus qu'un ennemi en France, le puissant et très riche duc de Mercoeur, maître de la Bretagne. Son ralliement fut scellé par le mariage de sa fille héritière avec César âgé de cinq ans auquel le roi offrit en présent de noces le duché de Vendôme. A la veille de l'édit de Nantes, Gabrielle donna encore le jour à un garçon et Henri, transporté le prénomma Alexandre et lui confia dès le berceau le gouvernement de Lyon. Seule, la mort brutale de Gabrielle empêcha que la Belle devînt reine et que ses fils fussent aptes à régner, ce qui aurait pu provoquer une nouvelle guerre civile. Les Vendôme ne s'en consolèrent jamais et furent sous Louis XIII d'éternels conspirateurs. Le roi les haïssait. Alexandre, dit le Grand Prieur, mourut en prison. Son frère, le duc de Beaufort, surnommé le roi des Halles, fut un des principaux chefs de la Fronde et manqua d'assassiner Mazarin. Ayant fait sa soumission, il mourut en combattant les Turcs devant Candie. Les plus glorieux des Vendôme fut le maréchal de ce nom que Louis XIV combla de faveurs et qui fut un grand capitaine. C'est lui qui maintint Philippe V sur le trône d'Espagne. Saint Simon, ennemi juré des bâtards, a tracé un portait hallucinant de ses vices, de sa saleté et de sa maladie vénérienne. Il faut maintenant revenir à Henri IV. Pendant qu'il négociait son second mariage avec Marie de Médicis, il tomba dans les filets d'une adolescente perverse, Henriette d'Entragues, fille de l'ancienne maîtresse de Charles IX, qui l'ensorcela au point qu'il lui promit par écrit de l'épouser si elle lui donnait un fils. Un orage sauva la France de nouveaux troubles car la foudre fit accoucher la favorite d'un enfant mort. Lorsque le second, Henri Gaston de Bourbon naquit en 1604, Marie de Médicis avait déjà donné un dauphin au royaume. Henri Gaston reçut l'évêché de Metz à 6 ans, mais il n'embrassa pas l'état ecclésiastique et devint marquis de Verneuil. Henriette ne se priva pas de clamer qu'il était l'héritier légitime de la couronne. Elle rassembla les mécontents, parmi lesquels notre Charles de Valois, et ourdit un complot. Henri IV devait être assassiné et le petit bâtard intronisé. Tout fut heureusement découvert à temps. Henriette, pardonné, n'en continua pas moins de tourmenter le roi jusqu'à sa mort. Elle fut accusée d'avoir eu sa part de responsabilité dans le crime de Ravaillac, mais la reine, sa rivale étouffa l'affaire. Autre bâtard d'Henri IV, le comte de Moret, fils de Jacqueline de Bueil, eut une destinée bien différente. Il conspira beaucoup contre Richelieu et mourut à la bataille de Castelnaudary qui coûta la liberté au duc de Montmorency. Le Vert Galant eut encore 2 filles de Charlotte des Essarts. Quoique légitimées, elles entrèrent en religion et n'eurent pas d'histoire.
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