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Histoire du 1er siècle de notre ère
La pax romana ( source* )
Le remue-ménage gaulois s'est achevé à Alésia. En effet, la Gaule pendant presque 3 siècles va connaître une période de tranquillité étonnante. La guerre semble s'être éloignée au point qu'on pourrait la croire disparue, le commerce est prospère, la douceur de vivre s'installe un peu partout. Malgré quelques révoltes épisodiques, les Gaulois se montrent plutôt satisfaits de leurs occupants, au point d'en adopter les habitudes, et la langue. Lyon devient la capitale des Gaules. Fondée à la demande du Sénat romain, en 43 av jc par Lucius Munatus Plancus, alors que César venait de mourir, la ville de Lugdunum devint, en 16av jc, la capitale des 3 Gaules: la Gaule Lyonnaise située entre la Loire et la Seine, la Gaule Aquitaine, des Pyrénées jusqu'à la Loire, et la Belgique au nord. En 12 av jc, un sanctuaire fédéral fut inauguré à l'emplacement actuel de la Croix Rousse. Il se présentait sous la forme d'une terrasse de grandes dimensions où s'élevait un autel sur lequel le nom des soixante cités gauloises était gravé. La circulation s'effectue soit par voie d'eau, ce qui est le plus pratique, le plus sûr, mais le plus lent, soit par voie terrestre. Les Gaulois n'avaient pas attendu les Romains pour créer un réseau routier remarquable. Cependant, les Romains décident de l'améliorer en créant des portions de lignes droites avec des étapes tous les 25 kilomètres. Les voies romaines font 6 à 8 mètres de largeur et on peut y parcourir jusqu'à 300 kilomètres en un jour. Tous les milles romains (1 481,50 mètres) une borne routière de 2 mètres de haut porte une indication de distance, et le nom de l'empereur régnant. Partout, on édifie des temples, des basiliques, on construit des forums, des cirques, des théâtres, des amphithéâtres, des aqueducs, et tout cela emploie une nombreuse main-d'oeuvre. Les Gaulois acceptent de mieux en mieux la présence romaine, au point de considérer comme un honneur et une promotion les responsabilités qui leur sont confiées par leurs colonisateurs. Etre autorisé à porter la toge constitue une forme de réussite sociale. Le règne de l'empereur Claude, né à Lyon en 10 av jc, est déterminant pour l'intégration des Gaulois. Le commerce est florissant, les voies de communication sont nombreuses, les villas luxueuses, et les jours fériés abondants... Le long du Rhin, les troupes romaines stationnent en permanence, créant une ligne de défense et de fortifications. Les barbares tentent de temps en temps des percées vers la Gaule, mais sont immédiatement repoussés. Vers Rome et le monde méditerranéen, on exporte des charcuteries, des vins du Rhin, de Bourgogne, de Champagne et de Bordeaux; des objets de toutes sortes, bols, lampes, assiettes de céramique à pâte fine, vernissée, fabriqués en Auvergne où des fours permettaient la cuisson de dizaines de milliers de pièces en même temps, des bijoux. On importe du fer, du plomb, du cuivre, de l'étain, du marbre, du porphyre, de l'huile d'olive.
Les villas Romaine
Elles sont d'immenses constructions très luxueuses. Elles sont situées au centre d'un domaine rural. Des champs cultivés les entourent. Une première cour, la “pars urbana”, constitue la zone résidentielle, une seconde, la “pars agraria” correspond à ce qu'on peut appeler la basse-cour. C’est la partie réservée au régisseur chargé de l'exploitation du domaine. On y trouve aussi toutes sortes d'ateliers, poterie, tissage, forges, les greniers, les écuries, les étables. Ces villas peuvent comporter jusqu'à 150 pièces. Des thermes permettent une hygiène et un agrément rarement égalés. Le chauffage est assuré par un système appelé hypocauste: un foyer alimenté en permanence produit de l'air chaud qui circule sous les pièces et dans les murs grâce à des galeries aménagées à l'aide de petites briques d'argile.
La puissance romaine au 1er siècle
C’est Le 16 janvier de l'an 27 av jc que le Sénat romain décerne à Octave le surnom d'Augustus (Auguste) habituellement réservé aux divinités. Il récompense le petit-neveu et fils adoptif de Jules César pour avoir restauré les formes de la République sénatoriale et pacifié le pays en mettant fin aux guerres civiles qui l'ensanglantaient depuis 1 siècle. Après la fin des guerres civiles, la République romaine s'est transformée en quelques années en principat sans que ses structures traditionnelles aient été en apparence modifiées ! Cette transformation progressive de Rome en un empire qui ne dit pas son nom suscite des regrets y compris chez les proches d'Octave, comme Agrippa, le héros de la bataille d'Actium. À partir de l'an 28 av jc, Octave est officiellement considéré comme Princeps senatus ou premier sénateur. L'année suivante, Octave devenu Auguste impose une réorganisation des provinces. Au Sénat, les provinces les plus anciennes, pacifiques et désarmées, avec un proconsul à leur tête; à lui, les provinces les plus récentes, avec la force armée qu'elles nécessitent et un légat à leur tête. L'imperium proconsulaire lui donne autorité sur les 3 provinces de Gaule, d'Espagne et de Syrie ainsi que sur leurs armées, éliminant pour longtemps le risque qu'un général ne se pose en rival. Il sera quelques années plus tard élargi à tout l'empire, y compris à la ville de Rome ! À la mort de Lépide, en 13 av jc, Auguste est élu grand Pontife et devient à ce titre le chef de la religion. On l'honore sur les autels. Le nouvel homme fort de Rome n'est bientôt plus désigné que sous l'appellation Imperator Cesar Augustus. Il professionnalise l'armée avec des volontaires engagés pour 20 ans qui reçoivent en fin de carrière un lopin de terre et un pécule. Se targuant d'avoir restauré la paix, il peut fermer pour un temps le temple de Janus, consacré à la guerre et à la paix. Il lance seulement quelques guerres pour consolider les frontières. Entre les Alpes et le Danube, ses gendres Drusus et Tibère conquièrent la Rhétie, le Norique et la Pannonie. Auguste en personne soumet les peuples des Alpes occidentales, ce qui lui vaut un trophée à sa gloire à La Turbie. Il fait éduquer à ses frais, à Rome même, les enfants des rois vaincus afin de les rallier à sa politique. Sa principale déconvenue vient de l'échec de la tentative de conquête de la Germanie entre Rhin et Danube. Tibère et Germanicus, neveu de l'empereur, occupent ces régions mais un chef chérusque, Arminius, piège et massacre trois légions en l'an 9 de notre ère dans la forêt de Teutoburg. Mécène, administrateur remarquable, il fait partie avec Agrippa du premier cercle des amis d'Auguste, le Conseil du prince. Il unifie le cadastre, impose le droit romain jusqu'aux extrémités de l'empire et stimule les activités économiques. Auguste, heureux dans presque toutes ses entreprises, a cependant échoué à assurer la transmission héréditaire du pouvoir en dépit d'une réputation méritée d'homme à femmes et d'une union de 52 ans avec Livie. Faute de fils pour lui succéder, il demande à son ami et complice Agrippa d'épouser sa fille Julie, née d'un premier mariage avec Scriponia. Mais son gendre et ses deux fils vont mourir avant lui. Auguste s'éteint à 77 ans, le 19 août de l'an 14 de notre ère. C'est en définitive son beau-fils Tibère, né d'un premier mariage de Livie avec un officier romain, qui va hériter à 56 ans de l'oeuvre immense de César et d'Auguste !
Néron règne sur l'empire romain à son apogée.
Le 19 juillet de l'an 64, la Ville éternelle est ravagée par un incendie qui a pris naissance dans une petite boutique située près du Circus Maximus, au pied du mont Palatin où se trouve le palais impérial. La Rome impériale compte alors près de 800.000 habitants concentrés sur 13 kilomètres carrés. L'espace urbain est occupé en grande partie par les temples, monuments publics et palais, ceux-ci étant concentrés sur la colline du Palatin et à son pied, autour des Forums et de la voie sacrée. Le peuple s'entasse dans des immeubles de grande hauteur de 5 ou 6 étages appelés “les insulae”. Les plus pauvres qui habitent les étages les plus haut utilisent des braseros pour cuire leurs aliments et se chauffer, les incendies sont fréquents mais restent confinés le plus souvent à un quartier. Ce n'est hélas pas le cas de celui de 64. Il va durer 6 jours et détruire la plus grande partie de la ville, y compris beaucoup de monuments dont le palais impérial lui-même et fera plusieurs milliers de victimes. Quand l'empereur Néron, qui se reposait à la campagne, est avisé de l'incendie, il rejoint prestement sa capitale et participe activement à l'organisation des secours. Sitôt le sinistre maîtrisé, il se consacre à la reconstruction de la ville en mettant de l'ordre avec ses architectes dans le réseau de rues insalubres. Il reconstruit son palais appelé la Maison dorée qui va s'étendre sur 80 hectares, débordant la colline du Palatin pour rejoindre celle du Caelius. Quelques années après la mort de Néron, l'empereur Vespasien lancera la construction d'un immense amphithéâtre de 50.000 places le Colisée à l'emplacement du lac et des jardins. Tandis que l'incendie de Rome est à peine éteint, la rumeur publique suspecte Néron de l'avoir lui-même provoqué pour remodeler la ville à sa guise. Pour couper court aux médisances et pour calmer la plèbe, il laisse accuser les chrétiens d'être à l'origine du désastre. Ces premiers chrétiens sont issus pour la plupart des communautés juives établies dans toutes les grandes villes de l'empire romain. Mais, à la différence des juifs, ils ne craignent pas de convertir les païens à leur foi. Bien que très minoritaires dans la population de Rome, ils suscitent la méfiance par leur refus de vénérer l'empereur, leur foi étrange en un Dieu unique et leur habitude de se comporter entre eux comme frères et soeurs. La rumeur prétend aussi qu'ils sacrifient des enfants ou adorent un âne. Sur ordre de l'empereur Néron, plusieurs chrétiens sont livrés aux bêtes dans les arènes et mis à mort. Certains sont transformés en torches vivantes. L'apôtre Pierre, qui côtoya le Christ, est au nombre de ces premiers martyrs, de même que Paul. De cette 1ère persécution de masse aux dernières, sous Dioclétien, on évalue de 4.000 à quelques dizaines de milliers le nombre de chrétiens qui, dans l'empire romain, seront persécutés Le 20 décembre de l'an 69, l'empereur Vitellius est égorgé sur le forum de Rome par des mécontents. Cet assassinat conclut une année troublée qui a vu 3 généraux se succéder en quelques mois à la tête de l'empire romain, Galba, Othon et enfin Vitellius, après la mort de Néron, dernier empereur de la famille de César et Auguste. Sitôt connue la mort de Vitellius, les légions du Danube et de l'Orient, à Alexandrie, en Égypte, proclament le général Titus Flavius Vespasien empereur. Ce militaire de 60 ans se distingue par ses origines issues de l'aristocratie romaine. Né le 18 novembre de l'an 9 dans la famille d'un modeste publicain de l'Italie centrale, à Reate ou Rieti, il a fait la preuve de ses capacités en réprimant une révolte en Palestine. Vespasien laisse à son fils Titus le soin d'en finir avec les Juifs et s'installe à Rome pour rétablir l'ordre et redresser les finances publiques En 10 ans de règne, cet homme providentiel consolide de manière remarquable l'oeuvre de Jules César et de Auguste. Il favorise les provinciaux et nomme les plus riches d'entre eux au Sénat pour affaiblir la vieille aristocratie romaine, encline au complot. Il gère les finances en père de famille mais ne néglige pas les grands travaux. C'est ainsi qu'il lance la construction d'un nouvel amphithéâtre de 50.000 places, le Colisée. Il affermit aussi la conquête des îles britanniques et se protège des Germains en annexant les Champs Décumates, un territoire à la jonction du Rhin et du Danube. Il tente enfin d'instaurer une succession héréditaire à la tête de l'empire en y préparant son fils Titus. Mais sa dynastie dite des Flaviens s'éteindra après le règne détestable de son second fils, Domitien. Le 24 août 79, une violente éruption du Vésuve, volcan que l'on croyait éteint à jamais, provoqua l'enfouissement de la riche cité romaine de Pompéi sous une pluie de cendres volcaniques. Le même jour, le port voisin d'Herculanum, à l'habitat plus populaire, disparaît, lui, sous une coulée de roches et de laves. Pompéi se retrouve enfouie sous 6 mètres de lapilli et Herculanum sous 16 mètres de boues. La précédente éruption du Vésuve remontait à 3.500 ans av jc et n'avait laissé aucun souvenir dans la mémoire des hommes. Aussi les Romains ne savaient-ils même pas que la montagne fertile dominant la baie de Naples était un volcan ! Pourtant, une alerte avait eu lieu en l'an 62, sous le règne de l'empereur Néron. Elle s'était traduite par un violent tremblement de terre qui avait détruit une première fois la ville de Pompéi. Sans attendre, les riches propriétaires de la ville avaient reconstruit les superbes demeures décorées de fresques, de statues, de mosaïques et de fontaines, où ils venaient se reposer des turbulences de la vie romaine. Quelques heures plus tard, une coulée composée de roches en fusion et de cendres, dite pyroclastique, dévale la pente du Vésuve et carbonise instantanément Herculanum et ses habitants. Au total, en près de 24 heures, le Vésuve entraîne la mort de plusieurs milliers de personnes dans les villes et les campagnes du golfe de Naples. À Misène, à la pointe nord du golfe de Naples, un jeune homme de 17 ans, Pline le Jeune, assiste à l'éruption et en rédige le compte-rendu détaillé dans deux lettres. L'oncle du jeune homme, Pline l'Ancien, est un savant connu pour une gigantesque Histoire naturelle en 37 volumes. Au moment de la catastrophe, il commande la flotte romaine qui mouille à Misène. Mû par la curiosité scientifique et par un sentiment d'humanité, il meurt asphyxié sur la plage de Stabies après avoir tenté avec ses navires d'apporter de l'aide à des habitants.
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